Entendre encore (et en corps) les histoires qui sont le berceau même de notre civilisation prend sens à la fois dans notre mémoire, et dans l’immédiateté de notre propre existence : notre voyage…
La langue magnifique d’Homère, la vivacité de ce récif lumineux, sa coloration étrange émaillée d’archaïsmes, aiguisent le plaisir d’entendre.
L’Odyssée, écrite il y a plus de 2 500 ans, nous transporte toujours I
Bisongo BIASSI-BIASSI ROBBAS est originaire de Kinshasa. Sa sensibilité africaine rencontre avec une belle évidence les mythes, et les rituels de la Grèce antique.
Il est aussi l’aède Démodocos, attaché à la maison du roi phéacien Alkinoos, qui «accompagne» Ulysse dans son récit. En fait, il l’accouche, l’aide à cracher son histoire. La musique s’insinue dans la parole, s’efface, suggère, ponctue, provoque…
Ulysse est las, blessé de la perte de tous ses compagnons, la fierté émoussée, l’intrépidité perdue. Il délivre les “traces” de son périple inouï, sans état d’âme, avec la pudeur du voyageur, de l’étranger, mais parfois il s’échauffe, rattrapé par l’action, ému par sa jeunesse passée…
L’action principale est donc le rapport à la parole.
Se jouent à travers ; les mots , les silences, les suspensions, les rythmes ; ce qui est dit et ce qui est caché.
Ainsi, les spectateurs sont comme les hôtes d’Alkinoos, roi des Phéaciens. Parmi l’assemblée, Ulysse se fait connaître. Le public embarque avec Ulysse. Les mots ; leurs échos, les vibrations qu’ils suscitent ; permettent tous les voyages.
L’aède mène le rythme de la veillée. On est là pour frissonner et rire ensemble.Dans l’espace, le temps, la musique d’humaines présences
Variations sur l’éphémère et l’ancestral, le théâtre trouve ses fondements.
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