les choix artistiques

ParadOxe(s)

une projection du logo de la drac sur olivier Desmaris
l'institution culturelle

Le fond

« Conférence gesticulée autobiographique, monographique, théâtralisée et non innovante sur le système de production et de diffusion des spectacles vivants réalisés par des compagnies de théâtre dites « émergentes ».

Le sous-titre à rallonge de ce spectacle nous donne quelques indications sur le sujet qu’il aborde,la forme qu’il va prendre et le ton qu’il emprunte.

Arrêtons-nous sur le fond. La question à laquelle cette « conférence gesticulée » cherche à répondre est : « quelles sont les conditions du système de production et de diffusion du spectacle vivant aujourd’hui qui déterminent les formes proposées par les compagnies de théâtre dites émergentes » et ceci, à travers ma propre expérience. Le but recherché n’est pas seulement de répondre à cette question, à la manière d’une conférence, mais de lever le voile sur les « coulisses » du spectacle vivant, de permettre aux spectateurs de comprendre comment un spectacle arrive jusqu’à ses yeux et pourquoi il prend telle ou telle forme. Plus largement, c’est de faire écho au monde contemporain dans lequel on vit, avec ses différentes dévianceset pertes de sens.
Enfin, c’est une invitation, quelque soit le champ d’activité dans lequel on se trouve, à se questionner sur ce qui nous détermine afin de mieux s’en extraire et s’orienter, àpetits pas, vers les chemins de la liberté.
 

La forme

Le terme de « conférence gesticulée » fait référence au premier spectacle de Franck Lepage, « Inculture(s) », qui représente ce que j’ai vu de mieux dans le style. Un homme seul en scène,
avec quelques accessoires décalés, vient nous raconter, avec humour et légèreté, comment il a arrêté de croire à la Qulture. Chemin faisant, il nous relate la contre-histoire du ministère de la
culture comme, avant lui, Michel Onfray l’a fait avec sa contre-histoire de la philosophie. De la haute voltige.
Héritier donc, le temps d’un spectacle, de Franck Lepage, je propose d’aborder les questions posées ci-dessus à la manière d’une « conférence gesticulée », une « conférence-confidence
», qui laisse la place à l’anecdote, à la digression, à la théâtralisation, parfois… en cherchant à ne pas glisser du côté du sketch ou du one man show purement humoristique.
Comment aborder des questions techniques qui pourraient n’intéresser, a priori, que les acteurs du champ concerné, sans déclencher l’ennui du public ? Comment trouver le ton juste permettant de naviguer, sur un fil, entre conférence et spectacle ? Comment « vulgariser » une pensée théorique sans basculer du côté de la caricature ? Ce sont les questions qui me travaillent tout au long de l’écriture du texte mais aussi de sa mise en scène.
Sur le plateau, des morceaux de murs m’accompagneront. Ils symbolisent ses parois qui se construisent progressivement, à notre insu, autour de notre imaginaire, si l’on n’y prend garde…
Des murs qui, at last, finiront par exploser, peut-être…
Olivier Desmaris