Centre culturel Charlie Chaplin
Place de la Nation
69120 Vaulx-en-Velin

tél : 04 72 04 81 18

D R H

l'équipe devant l'usine
l'equipe devant l'usine

"e-AMF Kronstadt", entreprise de services en ligne, ouvre une nouvelle filiale quelque part aux confins de la France rurale. Création d'embauches, extension, développement d'infrastuctures, croissance… de quoi séduire la municipalité d'abord, et les hautes instances ensuite, décentralisation oblige. "Mandic", désormais promu nouveau petit souverain, se voit remettre les clefs d'un royaume, à savoir quelques milliers de mètre carrés, succession d'immenses entrepôts vides et de caves labyrinthiques. Dans les faits, cet espace colossal, à l'entrée moitié bouffée par les mauvaises herbes, est une ancienne bonneterie du Roannais, aujourd'hui usinant au Maroc, en Roumanie, en Inde ou ailleurs.

Quand le jeune PDG se relèvera des ruines de son entreprise, lâchée par le grand capital, celui qui est aussi directeur des ressources humaines n'aura plus autour de lui que des ressources humaines.
Des ressources humaines "désoeuvrées", des savoir-faire et des locaux vides… Et quoi faire après la catastrophe? Car c'est aussi la question que pose le film DRH : quoi faire de l'excédent, du "contingent résiduel" des restructurations et des nouvelles méthodes de gestion du travail? Quoi faire?

Sur place,  "laissés sur le carreaux" des entreprises textiles délocalisées, et autres "placardés" notoires, ont été prompts à répondre aux appels à témoignages. Eux aussi tiennent un rôle, et c'est le leur : celui de candidats à une énième embauche. Eux scandent la fiction, personnages cloisonnés derrière un écran, postulant par webcam à l'oreille tantôt distraite et tantôt agacée d'un patron paumé dans les méandres d'une administration absconse. Le mode de recrutement même, symboliquement, illustre à mon sens le film DRH, sorte de thriller social kafkaïen, où la menace s'incarne davantage dans la France des "résidus" de l'ultra-libéralisme dominant, que dans un système où l'Homme a de plus en plus de peine à trouver sa place.

Riad Gahmi

 


propos sur la musique jouée en direct
La musique jouée en live sur ce film, c'est avant tout une rencontre entre complices.
C'est la marque de fabrique de la compagnie scènes depuis longtemps : Fatzer, Nico, Woyzeck...
C'est la continuité d'un processus amorcé dès l'écriture du scénario.
Chaque membre du collectif peut revêtir plusieurs casquettes, être tour à tour  comédien, compositeur, musicien, réalisateur, chef opérateur, etc...
C'est faire avec ce qu'on a, ce dont  on dispose, et non pas avec ceux dont on rêve (le contraire du rêve hollywoodien).
C'est ramener la liberté du théâtre au coeur du processus habituel et industriel du cinéma.

La musique jouée en live devant un film oblige à trouver d'autres stratégies que les sempiternels shuntes et fondus utilisés en studio. Il faut trouver des sensations, des points de rencontre, utiliser les comédiens du film comme des musiciens, dialoguer avec eux, leur répondre. C'est même peut-être être influencé par les spectateurs, et rebondir  sur une toux, un rire, ou un siège qui claque.

Pour Bob Lipman, compositeur de la musique de ce film, c'est associer "son, sens et résonance". Faire de la musique, c'est une tentative d'effleurer le mystère, et en Live, la tentative de le percer chaque soir.
 
Bob Lipman et Pierre Grange
 

Au centre Charlie Chaplin nous assitserons donc, sous forme d'un  ciné-concert,  à la première publique du film réalisé pendant l'été 2010.


 

un ciné-concert de Philippe Vincent
première publique, durée 2 heures

Dates

  • Jeudi 10 février 2011
    à 19:30
  • Vendredi 11 février 2011
    à 20:30

Tarifs

  • 13.00 €
  • 10.00 €
  • 7.00 €
  • 5.00 €
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Distribution

  • mise en scène Philippe Vincent
  • compostion musicale Bob Lipman
  • avec
  • claviers, guitare, harmonium, contrebasse Bob Lipman
  • violoncelle, guitare Pierre Grange
  • violoncelle Léonore Grollemund
  • batterie Dominique Lentin
  • cor Pierre Alain Charbonnier
  • basson Nicolas Mary
  • clarinette Adrien Philippon
  • clarinette basse Quentin Degeorges
  • basse Franck Emery
  • régie son Jérôme Rio
  • régie lumière Hubert Arnaud
  • costumes Cathy Ray
  • photos Laurette Silvio